Actualités > Les enfants passent à travers les mailles du filet !
Les enfants passent à travers les mailles du filet !
Moins d'un quart (23%) des enfants infectés par le VIH et qui ont besoin d'un traitement ARV y ont accès selon le dernier rapport publié par l'OMS à l'occasion de la Journée mondiale du sida (1 Décembre 2011). Bien que la couverture du traitement pour les adultes n'a cessé de croître pour atteindre aujourd'hui environ la moitié des personnes dans le besoin, la couverture des enfants est très en retard, a souligné DNDi (Drugs for Neglected Diseases initiative), une organisation à but non lucratif de recherche et développement qui a récemment lancé un nouveau programme de développement de médicaments pédiatriques contre le VIH.
"Les enfants atteints du VIH/sida passent à travers les mailles du filet", a déclaré le Dr Bernard Pécoul, Directeur Exécutif de DNDi. "250 000 enfants sont morts de complications liées au VIH en 2010 - soit près de 700 chaque jour. C'est tout simplement inacceptable."
Il y a plusieurs raisons à cette situation - allant du manque d'accès des femmes enceintes aux soins prénataux, au dépistage du VIH et aux antirétroviraux (ARV) pour prévenir la transmission mère-enfant et pour elles-mêmes, aux difficultés de diagnostic du VIH chez les nourrissons. Mais l'une des raisons majeures, négligée, est le manque de formulations d'antirétroviraux adaptés aux enfants, particulièrement pour les bébés et les jeunes enfants. La raison de cette négligence est, paradoxalement, le succès de l'élimination virtuelle du VIH chez les nouveau-nés dans les pays riches.
"Il y a peu de profit à développer et fabriquer des traitements pour des millions d'enfants vivant avec le VIH/sida, dont 90% sont les plus pauvres des pauvres en Afrique sub-saharienne, et le manque d'incitation du marché fait que les compagnies pharmaceutiques ne développent pas des ARV adaptés à leurs besoins", a poursuivi le Dr Pécoul. "Sans traitement, la moitié des enfants nés avec le VIH meurent avant leur deuxième anniversaire."
L'OMS recommande la mise sous traitement systématique des enfants séropositifs de moins de deux ans, mais des problèmes se posent en matière de sécurité et de dosage correct, non établis chez les très jeunes enfants pour la plupart des ARV approuvés pour les adultes. De plus, les formulations pédiatriques ont souvent mauvais goût, exigent des préparations multiples et compliquées, parfois d'être réfrigérées, et ont des interactions et effets indésirables avec le traitement de la tuberculose.
Le nouveau programme VIH pédiatrique de DNDi vise à développer un meilleur traitement de première ligne pour les enfants de moins de trois ans. Cette combinaison devrait être facile à administrer et mieux tolérée par les enfants que les médicaments actuels, stable à la chaleur et facilement dispersible (soluble dans l'eau ou le lait maternel). Elle devrait également exposer à un risque minime de développer des résistances et nécessiter peu d'ajustements des dosages au poids de l'enfant. Enfin, toutes les nouvelles formulations devraient être compatibles avec les médicaments antituberculeux.
"Compte tenu de la crise de financement actuelle, nous sommes profondément préoccupés par la situation des enfants atteints par VIH/sida - qui sont déjà largement invisibles et sans voix - et risquent dans ce contexte de constituer une moindre priorité", a déclaré le Dr Marc Lallemant, Chef du Programme pédiatrique de DNDi." Tandis que tout doit être fait pour atteindre l'objectif à long terme de "l'élimination" des nouvelles infections chez les nourrissons, à travers notamment l'intensification des programmes de prévention de la transmission mère-enfant, une réponse plus sérieuse est nécessaire d'urgence pour les enfants séropositifs aujourd'hui."
SOURCE : http://www.dndi.org/press-releases/1015-aids-day.html
Traduction du communiqué de DNDi assurée par Grandir.
Le
01/12/2011 par
Caroline T.
Voir toutes les actualités


English Version