Enquête qualité Grandir : synthèse des résultats
Dépistage de routine du VIH chez les enfants : tout recours aux soins est une opportunité à saisir !
Prévenir la douleur liée aux prélèvements sanguins chez le petit nourrisson
Le mémento thérapeutique du VIH/SIDA en Afrique : nouvelle édition
Grandir Info est une publication
de Sidaction, Initiative
Développement et Sol En Si.
Ont participé à ce numéro :
Dr David Masson :
d.masson@id-ong.org
Caroline Tran :
c.tran@id-ong.org
Réjane Zio :
r.zio@sidaction.org
Soeli Souques :
soeli@hotmail.fr
Merci aux membres du comité technique Grandir pour leurs conseils et leurs relectures
Deux articles publiés en juin 2009 font état d’études conduites en Zambie et en Afrique du sud sur le dépistage des enfants en routine.
La première menée à Lusaka en Zambie, présente les résultats d’une stratégie de dépistage des enfants au cours de leur hospitalisation : sur 15.670 enfants de statut inconnu admis sur une période de un an et demi, 13.239 (85%) parents/tuteurs ont bénéficié d’un counseling et 11.571 enfants ont pu être testés. 3.373 (29%) enfants ont été diagnostiqués positifs. Parmi eux, 69% avaient moins de 18 mois. Chez les enfants admis pour malnutrition ou souffrant de diarrhée/déshydratation, la prévalence du VIH était significativement plus élevée (36% chez les malnutris).
La seconde étude, menée en Afrique du Sud, porte sur l’acceptabilité du dépistage au cours des consultations vaccinales des nourrissons. 646 mères - dont 1/3 se savaient séropositives - se sont vues proposer le test VIH à leurs enfants (âge moyen des enfants < 8 semaines). 584 (90%) l’ont accepté. 247 enfants se sont révélés infectés par le VIH (42%). Parmi les femmes ayant déclaré être séronégatives, 7% de leurs enfants se sont révélés infectés par le VIH.
78% des femmes affirment n’avoir pas été gênées par cette stratégie de dépistage de routine.
Le dépistage des enfants en routine lors des consultations vaccinales permet d’orienter les parents et les nourrissons diagnostiqués séropositifs vers des programmes de soins et d’accès aux ARV. Dans les pays à forte prévalence du VIH, cette stratégie permettrait de dépister précocement (entre 6 et 10 semaines de vie) plus de la moitié des nourrissons. De même, le dépistage des enfants au cours de leur hospitalisation permet d’accroître considérablement le nombre d’enfants diagnostiqués, et permet également celui des parents, et leur prise en charge s’ils sont infectés par le VIH.
Au regard des résultats de ces deux études, on réalise que tout contact avec le système de soins peut être une occasion de dépistage à saisir. L’enjeu est majeur pour les nourrissons infectés par le VIH qui peuvent ainsi bénéficier d’un traitement précoce, essentiel à leur survie (sans traitement, 50% des enfants infectés décèdent avant l’âge de 2 ans).
Si cette stratégie semble acceptable pour les parents et tuteurs (dans les pays à forte prévalence en tout cas), il n’en demeure pas moins que sa faisabilité repose, pour les enfants de moins de 18 mois, sur un accès au diagnostic virologique (disponibilité et coût modique ou gratuité). Le plaidoyer continue !