OMS une
importante
réunion d’experts
Sur le terrain avec Suzanne Kouadio,
diététicienne au programme MTCT+ d'Abidjan
Les
résultats du sondage
auprès de nos lecteurs
Un cas clinique sur l’alimentation du
nourrisson !
Grandir Info est une publication de
Sidaction et Initiative Développement.
Ont participé à ce numéro :
Dr Laurent Hiffler : l.hiffler@id-ong.org
Julien Potet : j.potet@sidaction.org
Anna Ndiaye : a.ndiaye@sidaction.org
Caroline Gerbaud : c.gerbaud@id-ong.org
Merci aux membres du comité technique Grandir
pour
leurs conseils et leurs relectures attentives
Retrouvez les actions d'Initiative Développement sur le site
: www.id-ong.org
Retrouvez le projet GRANDIR
sur le site de Sidaction : www.sidaction.org/pro/
international/grandir
Pour vous abonner, vous désabonner ou pour toute
information, contactez nous à grandir@sidaction.org
Pour en savoir plus
Un article de synthèse sur allaitement
maternel et VIH paru dans Transversal www.sidaction.org/actualite/
publications/reperes34/file
Une présentation complète de la
problématique de l’allaitement du nourrisson dans
le contexte du VIH (WHO/HHS-CDC Generic Training Package, Module 4,
Fév. 2005) www.womenchildrenhiv.org/
wchiv?page=gtp-01-fr
Un glossaire complet en français est disponible sur le site
Internet Grandir
www.sidaction.org//pro/
international/grandir/
glossaireallaitement/file
L’OMS a réuni en octobre dernier une cinquantaine
d’experts du VIH et de la nutrition afin de passer en revue
les dernières données sur
l’alimentation du nourrisson né de mère
infectée par le VIH. Certaines connaissances ont
été confirmées sur les
déterminants de la transmission du VIH par
l’allaitement maternel et en particulier sur le risque accru
de transmission en cas d’allaitement mixte.
Surtout les
experts ont identifié quatre difficultés majeures
: 1.
l’accès insuffisant aux services de conseil
sur l’allaitement et la nutrition ; 2. les risques
associés au sevrage précoce ; 3.
l’alimentation après 6 mois de l’enfant
infecté par le VIH ; 4.
la
vulnérabilité des nourrissons allaités
artificiellement dès la naissance.
1. Les experts ont
insisté sur l’importance de
fournir des services de
conseil sur l’alimentation du
nourrisson pour les femmes enceintes et les
mères vivant
avec le VIH. L’accès à de tels services
est l’une des conditions majeures de réussite des
stratégies d’alimentation de remplacement, mais
pas seulement ! Les femmes qui optent pour l’allaitement
maternel exclusif avec sevrage précoce et rapide devraient
elles aussi bénéficier d’un soutien et
de conseils renforcés à des étapes
clé comme l’initiation de l’allaitement
maternel ou l’arrêt de l’allaitement
maternel.
2. Même
s’il permet en effet de réduire
le risque de transmission post-natale du VIH, le sevrage
précoce (dès 4-6mois) est associé
à des risques de
malnutrition et à une morbidité accrue.
Pour y
faire face, l’OMS n’encourage
l’arrêt précoce de
l’allaitement maternel que si l’alimentation de
remplacement pour la mère et l’enfant est
également acceptable, faisable, abordable
financièrement, durable et sûre à cet
âge. Les critères AFADS/AFASS pour la mise en
route de l’alimentation de remplacement doivent donc
également être appliqués
après les 6 mois d’allaitement maternel exclusif.
Tant que ces garanties ne sont pas remplies, l’allaitement
maternel devrait être poursuivi (bien que cela donne lieu
à une alimentation mixte qui expose théoriquement
l’enfant à un sur-risque de transmission du VIH).
3.
Autre recommandation importante dans le même ordre
d’idée:
tout enfant allaité depuis la
naissance pour lequel est posé un diagnostic
d’infection par le VIH ne doit pas être
sevré
à 6 mois mais poursuivre
l’allaitement maternel,
conformément aux recommandations de nutrition dans la
population générale.
4. Enfin les experts
réunis à l’OMS ont
rappelé la vulnérabilité
des
nourrissons exposés au VIH non-allaités au sein
dans des programmes opérationnels. Par exemple,
une
importante épidémie de diarrhées a
sévi en 2006 au Botswana parmi des nourrissons ayant
reçu une alimentation de remplacement.
En janvier 2007, nous avons rendu visite pour Grandir Info au
programme
MTCT+ à Abidjan. Ce programme
d’accès
familial aux antirétroviraux, dont le point
d’entrée est la femme enceinte, est
intégré au sein de la formation de
santé communautaire Henriette Konan
Bédié du quartier populaire d’Abobo et
de la formation sanitaire Niangon Sud du quartier de Yopougon. Les
femmes infectées par le VIH
bénéficient d’une intervention de PTME,
ainsi que d’une prise en charge clinique, psychologique et
nutritionnelle de l’ensemble de leur famille. Dans ce
contexte particulier (urbain, avec un accès à
l’eau potable raisonnable), les femmes sont
conseillées, dès le troisième
trimestre de grossesse, en matière d’alimentation
infantile, avec deux choix potentiels : pratiquer une alimentation de
remplacement ou un allaitement maternel exclusif avec un sevrage
à 6 mois. Les avantages et inconvénients sont
discutés et l’équipe insiste sur la
nécessité pour la femme de faire un choix qui
soit réaliste dans sa situation individuelle et familiale
(accès à l’eau, habitat en cour
commune, information du partenaire, influence de la belle-famille) et
sur l’importance de pouvoir réellement maintenir
ce choix sur le long terme. Dans ce programme, le lait
maternisé reste à la charge des femmes qui
choisissent l'allimentation artificielle dès la naissance
pendant les 6 premiers mois puis offert entre 6 et 12 mois pour les
plus démunies d'entre elles. Les femmes ayant choisi un
allaitement maternel avec sevrage précoce ont un
accès gratuit systématique au lait artificiel
entre 6 et 12 mois. Environ
un tiers des femmes adoptent une alimentation de remplacement et deux
tiers choisissent l’allaitement maternel exclusif avec
sevrage précoce. Après la naissance, un entretien
sur l’alimentation de l’enfant est
proposé aux jeunes mamans à chaque consultation
médicale, c'est-à-dire au moins une fois par
mois. A certaines périodes clé, comme le sevrage
de l’enfant, des entretiens hebdomadaires sont
proposés.
Suzanne Kouadio,
la diététicienne du centre
d’Abobo, nous a ouvert la porte de sa consultation.
La première mère qu’elle reçoit ce jour-là a accouché il y a 2 jours. Suzanne vérifie tout d’abord que la mère a bien donné à l’enfant la prophylaxie à la névirapine destinée à réduire le risque de transmission du VIH autour de l’accouchement. Elle interroge la maman sur sa situation familiale et note que sa fille ainée de 9 ans n’a jamais bénéficié d’un test de dépistage du VIH. Suzanne encourage la maman à emmener sa fille se faire dépister lors de sa prochaine visite. Le lien de confiance que noue Suzanne avec les mamans avant et après la naissance lui permet d’être suffisamment proche d’elles pour leur prodiguer ce genre de conseils. Dans la salle d’attente, Suzanne avait remarqué que la maman se penchait en avant pour donner le sein, ce qui ne lui semblait pas être une position adéquate. Elle lui demande de lui montrer comment elle allaite son enfant, et se rend effectivement compte que la maman amène son sein au bébé, au lieu d’amener le bébé à son sein. Suzanne prend une poupée, qu’elle appelle affectueusement Christine, et fait une nouvelle fois la démonstration du positionnement du nourrisson à adopter pour une prise de sein correcte.
La deuxième femme vient avec son fils de 7 mois. L’enfant vient d’être sevré, mais la mère explique qu’il ne veut pas manger de bouillies. La mère ne lui donne donc que du lait maternisé, au biberon plutôt qu’à la tasse. Elle ne possède qu’un seul biberon, et Suzanne lui recommande d’en acheter un second. Les propos de la maman sont contradictoires : elle explique qu’elle est obligée d’acheter chaque mois du lait, en complément de la quantité donnée par le programme ; mais en même temps elle se plaint qu’elle n’a pas les moyens d’acheter le sucre et les farines de soja et de mil pour la préparation des bouillies enrichies. Suzanne pèse l’enfant. L’enfant n’a pas pris un gramme depuis le mois dernier. Suzanne montre la courbe de croissance de l’enfant à sa maman puis elle lui explique que cette stagnation correspond à un danger de malnutrition. Suzanne lui rappelle qu’il est indispensable de diversifier l’alimentation de l’enfant et elle lui fixe un rendez-vous dans les jours à venir pour une nouvelle démonstration complète de la préparation des bouillies et des purées.
Pour vérifier que les mamans ont bien compris les conseils qu’elle prodigue, Suzanne n’hésite pas en effet à leur demander de les mettre en pratique devant elle. Comme pour cette autre maman qui dit que la bouillie qu’elle prépare à son enfant de 7 mois est trop liquide. Suzanne sort les ingrédients et les ustensiles. La maman commence à cuisiner, mais elle n’utilise pas les proportions appropriées. Suzanne corrige, puis allume la gazinière située dans son bureau, et donne patiemment d’autres conseils nutritionnels. Quelques minutes plus tard, la maman a su préparer une bouillie enrichie au soja d’une consistance parfaite. Il ne reste plus qu’à la donner à son bébé.
En laissant les femmes libres de choisir le mode d’alimentation qui convient le mieux à leur situation, en conseillant régulièrement ces femmes dès la période prénatale, et en garantissant un suivi postnatal rapproché, le projet MTCT+ affiche de bons résultats : le taux de transmission mère-enfant du VIH y est de moins de 5% et le suivi postnatal régulier des couples mère-enfant permet de corriger les situations à risque de malnutrition. Suzanne a de quoi être fière d’afficher, dans son bureau, les photos de tous les enfants qu’elle contribue, à sa manière, à faire grandir !
Pour en savoir plus
Le rapport de la réunion d'experts d'octobre 2006 (en
anglais uniquement)
www.who.int/child-adolescent-
health/New_Publications/
NUTRITION/
consensus_statement.pdf
Pour en savoir plus
Le programme MTCT+ en Côte d’Ivoire est
soutenu par
:
l’ONG ACONDA (Côte d’Ivoire)
www.acondavs.org/
l’Institut de Santé Publique,
Epidémiologie et Développement
(ISPED -
Université de Bordeaux 2 - France) www.isped.u-bordeaux2.fr/
l’Université de Columbia
(Etats-Unis)
www.mtctplus.org/
Pour contacter le programme MTCT+ d’Abidjan/Abobo
(Dr Clarisse Amani-Bosse - coordinatrice) :
abclarisse@yahoo.fr
Macronutriments :
On dit souvent que la mère qui allaite doit
« manger pour deux ». En
réalité, s’il est vrai que les besoins
énergétiques de la mère qui allaite
sont augmentés, ils dépendent de la
quantité de lait qu’elle produit pendant la
journée. En moyenne, un accroissement
quotidien de 500 Kcal
avec 25 g de protéines supplémentaires est
suffisant pour couvrir
les besoins de l’allaitement (2500
Kcal/j). Par ailleurs, l’infection
à VIH en
elle-même augmente
les besoins
énergétiques d’environ 10
% en cas
d’infection asymptomatique, et jusqu’à
30 % chez l’adulte symptomatique. En Afrique, ces besoins
sont rarement atteints et peuvent affecter la production du lait.
Il faut si possible inclure toutes les femmes qui ont choisi
l’allaitement maternel exclusif dans un programme
d’appui alimentaire (distribution de vivres, jardins
familiaux, etc.)
Micronutriments :
L’essentiel de la transmission du VIH1 de la mère
à l’enfant se fait lors de la période
péri-natale et pendant l’allaitement. Le risque de
transmission post-natale au travers de l’allaitement est
estimé à environ 5 à 20 % selon la
durée de l’allaitement (5 % environ pour un
allaitement maternel exclusif les 6 premiers mois).
L’alimentation artificielle est dépourvue de
risque de
transmission du VIH mais le risque global de
morbidité et de mortalité
lié à cette méthode n’est
pas négligeable comme on a pu l’observer au
Botswana (épidémie de diarrhée chez
les enfants qui recevaient du lait artificiel). Aussi en dehors des cas
où les conditions pour une alimentation artificielle sans
risque
sont remplies, il est raisonnable de recommander
l’allaitement maternel exclusif. Peut-on alors
réduire le
risque de transmission de la mère
à l’enfant pendant l’allaitement
maternel ? Et quelles seraient les stratégies
les plus
adaptées ?
C’est entre autres à cette question essentielle
que tentent de répondre plusieurs études ou
programmes:
La première
stratégie, consiste à
continuer
au-delà de l’accouchement une
trithérapie à la mère pendant
l’allaitement en dehors de toute indication de
TARV pour
elle-même. Mais le bénéfice de cette
stratégie pour diminuer la transmission de la
mère à l’enfant reste à
démontrer. Il faut également s’assurer
qu’elle ne compromet pas l’avenir
thérapeutique de la mère et confronter les
bénéfices aux risques de toxicité des
ARV. L’étude KiBS au Kenya qui se penchait sur la
tolérance à court terme d’un
régime comprenant de la NVP a montré
que la tolérance était comparable quel que soit
le taux de CD4 des femmes. L’étude
contrôlée multicentrique Kesho Bora en cours
observe notamment la transmission à l’enfant
lorsque la mère continue une trithérapie. Le
programme DREAM au Mozambique, en cours depuis plus de trois ans,
rapporte une transmission globale du VIH de 1,9 % chez les enfants dont
la
mère a continué sa trithérapie pendant
l’allaitement. Enfin les premières observations de
l’étude AMATA au Rwanda seront
présentées à Paris en mars prochain.
Ceux-ci sont très encourageants avec une absence de
transmission au cours de l’allaitement maternel de 6 mois
dans le groupe observé.
L’intérêt de cette étude est
d’être basée sur une combinaison
classique en Afrique (d4T+3TC+NVP ou AZT+3TC+EFV après 28
semaines de grossesse). Le passage dans le lait des trois
molécules a pour conséquence que
l’enfant est lui-même exposé au
traitement durant plusieurs mois, ce qui participe peut-être
a l’efficacité préventive.
L’innocuité de cette exposition
médicamenteuse de plusieurs mois chez l’enfant non
infecté devra être toutefois finement
évaluée.
La seconde
stratégie consiste à donner pendant
la période d’allaitement une prophylaxie
à l’enfant seulement : le principe
ici est celui
de la protection face à une exposition comme dans le cas des
accidents d’exposition sanguine par exemple. La
différence notable cependant est la durée de
l’exposition et donc de la prophylaxie.
L’étude MASHI au Botswana proposait une
prophylaxie par l’AZT pendant 6 mois. La transmission du VIH
était plus élevée à
l’âge de 7 mois chez les enfants qui
étaient allaités au sein (9% all. mat. vs 5,6 %
ali. artif.), mais la mortalité à cet
âge était nettement plus
élevée dans le groupe «alimentation
artificielle». L’étude
contrôlée PEPI en cours au Malawi compare la NVP
seule à une association NVP+AZT chez des enfants
sevrés rapidement à l’âge de
6 mois. Enfin l’étude PROMISE-PEP à
venir se propose d’étudier une
mono-prophylaxie au 3TC chez l’enfant pendant un maximum de 9
mois. Cette durée de 9 mois permet
d’éviter un sevrage précoce et rapide
(associé à une morbidité importante
chez l’enfant). La stratégie de prophylaxie au 3TC
centrée sur l’enfant permettait
d’éviter une trithérapie chez la
mère qui n’en aurait pas encore besoin, et ainsi
de ne pas risquer de compromettre ses futures options
thérapeutiques tout en donnant à son enfant une
molécule en générale très
bien tolérée et en principe peu toxique (ici le
3TC).
Les conclusions de ces études seront donc très
attendues. Même si une stratégie se
révèle supérieure à
l’autre, il se peut cependant qu’elles ne
s’excluent pas et qu’elles représentent
de nouvelles armes dans l’arsenal de la PTME. Mais prudence :
faute de résultats définitifs, ces deux
stratégies ne font pas pour l’heure consensus,
même si certains protocoles nationaux ont
déjà franchi le pas, comme au Tchad par exemple.
Pour en savoir plus
Quels dosages en vitamines ?
Il n’y a pas de consensus sur les besoins journaliers des personnes infectées
par le VIH.
Voici les doses qui ont été utilisées dans l’étude tanzanienne : multivitamines hors vitamine A (20mg B1, 20mg B2, 25mg B6, 100mg B3, 0,05mg B12, 500mg vitamine C, 30 mg vitamine E,
0.8 mg acide folique).
Apports recommandés en nutriments (document un peu ancien de la FAO) :
www.fao.org/docrep/004/
w0073f/w0073f43.pdf
Un tableau est aussi disponible sur un document de l’OMS (recommandation journalière) - en anglais uniquement:
www.who.int/nutrition/
publications/WHO_WFP_
UNICEFstatement.pdf
Pour en savoir plus sur les jardins familiaux :
www.fao.org/ag/agn/nutrition/
household_gardens_fr.stm
Mastites : Causes et prise en charge (OMS) :
www.who.int/child-adolescent-
health/New_Publications/
NUTRITION/WHO_FCH_
CAH_00_13_fr.pdf
Pour connaître les références exactes des études que nous évoquons, contactez nous à :
Pour en savoir plus Résultats intermédiaires de l'étude AMATA : trithérapie durant l'allaitement maternel pour les femmes infectées par le VIH-1 et faisabilité de l'alimentation artificielle sur 548 couples mère-enfants au Rwanda: A. Peltier (Esther Luxembourg & Lux development) & co
(Abstract n°3697 –
4ème conférence francophone VIH/Sida, Paris 2007):
http://62.50.131.112/vihparis/
public/index.asp
Présentation de l’étude
Kesho Bora (en anglais)
www.who.int/reproductive-
health/stis/mtct/kesho_bora.htm
Programme DREAM au Mozambique : Rapport 2005 (en anglais)
http://dream.santegidio.org/
public/Report/DREAM_
REPORT_3_2005_EN.pdf
Voici les résultats du petit sondage
lancé dans Grandir Info 10 pour collecter les avis et
commentaires de nos lecteurs. Nous remercions vivement
l’ensemble des personnes qui ont bien voulu
répondre à ces questions et dont les avis et
recommandations nous aideront à mieux répondre
aux attentes et besoins de nos lecteurs.
Nous avons reçu 70
réponses et une grande
majorité de ces réponses nous ont
été apportées par des
médecins
(plus de 50%). On note également une
participation non négligeable des responsables associatifs
(23%), mais une faible participation des acteurs
paramédicaux (8%). Plus de 40% des lecteurs ayant
répondu au questionnaire ont pris connaissance de Grandir
Info après l’avoir reçu directement
dans leur boîte e-mail. Sur les 10 numéros parus
de Grandir Info, 43% des lecteurs affirment en avoir lu entre 4 et 7
parutions. Le bas ou
le moyen
débit Internet est le plus fréquent
chez
nos lecteurs. Enfin, plus de 40% des lecteurs ont pris
l’initiative de parler de Grandir
Info à plusieurs personnes susceptibles
d’être intéressées par son
contenu.
A la question posée sur la longueur des articles
proposés dans Grandir Info, 70% trouvent qu’ils
sont très bien comme cela mais un peu plus d’un
quart demandent à ce qu’ils soient plus longs et
plus détaillés. Plus de 85% des lecteurs
ayant
répondu au questionnaire se
disent
généralement satisfaits du contenu
de Grandir
Info et des informations fournies.
Voici enfin quelques uns des thèmes que nos lecteurs
souhaiteraient voir abordés dans les prochains
numéros de Grandir Info : la tuberculose et le
VIH chez
l’enfant -- l’annonce
de la
séropositivité chez
l’enfant africain
-- les aspects
psychosociaux liés à la prise en
charge de l’enfant séropositif -- les ARV et les
lipodystrophies
chez l’enfant -- l’alimentation des
nourrissons nés de mère
infectée par
le VIH (dont sevrage précoce) -- la prise en charge des
adolescents
vivant avec le VIH -- les témoignages
de parents
ou d’enfants sur leur traitement ARV -- le
dépistage volontaire des enfants mineurs.
Nous prendrons en considération tous ces
résultats afin d’améliorer la
qualité de Grandir Info en 2007.
Cette étude de cas vous
intéresse ?
Envoyez-nous vos réponses à l'adresse : grandir@sidaction.org
un ouvrage de référence sur le VIH/Sida
à gagner!
Nous avons vu dans ce numéro spécial de Grandir Info l’importance capitale du travail des conseillers en nutrition auprès des femmes enceintes et des mamans vivant avec le VIH.
Plusieurs structures et organismes ont développé des outils pour les aider à accomplir au mieux leur mission de conseil et de soutien : manuels de référence, fiches et brochures pratiques à leur attention et à celle des mères.
Les fiches et les brochures nous paraissent des outils particulièrement intéressants à exploiter pour l’orientation des mamans vers le choix d’allaitement le plus adapté à leur situation personnelle. Elles permettent aussi de leur donner des instructions claires et imagées de mise en œuvre optimale du mode d’alimentation retenu. On les utilisera régulièrement avant la naissance, puis dans les premiers mois de vie de l’enfant, pour accompagner les femmes, qu’elles aient choisi l’allaitement maternel exclusif ou l’alimentation de remplacement (notez qu’il n’est plus recommandé d’opter pour une alimentation au lait animal modifié avant l’âge de 6 mois et qu’en conséquence, les fiches concernant cette alternative devraient être mises de côté). Enfin certaines fiches sont très pratiques pour aider les mères pendant la période de sevrage et pour entamer une discussion avec elles sur l’alimentation de leur bébé de 6 à 24 mois.
Celles que propose l’OMS (en anglais, elles devraient prochainement être traduites en français) sont en quelque sorte des outils génériques, à adapter à votre propre contexte, ainsi que cela a pu être fait en Tanzanie par le Quality Assurance Project (fiches disponibles en anglais et en swahili).
Pour ceux dont le débit internet est limité, vous pouvez consulter le document "Counseling Mothers on Infant Feeding for the PMCT of HIV" du Regional Centre for Quality of Health Care.
Quant aux francophones, qu’ils ne
s’impatientent pas trop : l’Institut pour la
Recherche et le Développement (IRD) travaille
actuellement
à l’élaboration de nouveaux outils
complets, et en français, sur la question de
l’alimentation du nourrisson dans le contexte du VIH ! Nous
vous informerons bien sûr de leur parution dans un prochain
numéro de Grandir Info.
Nous avons vu combien il est difficile de mettre en place des
programmes opérationnels d’alternatives
à l’allaitement maternel (alimentation de
remplacement ou même allaitement exclusif avec sevrage
précoce à partir de 6 mois). Mais cela peut
être faisable à certaines conditions et dans
certaines sites. En 2007,
Grandir apporte un soutien technique et financier à 6
programmes de terrain d’appui-conseil à
l’alimentation des enfants nés de mère
infectée par le VIH. Voici les cinq grands principes
à prendre en considération pour mener
à bien des stratégies d’alternatives
à l’allaitement maternel en Afrique :
1. L’information
et le choix éclairé des femmes doivent
être garantis dès la phase prénatale et
leur choix à l’issue de la discussion doit
être soutenu. Les femmes doivent être
aidées, et non contraintes, à faire le meilleur
choix pour elles et leur enfant dans leur contexte quotidien. Il est
indispensable de prendre le temps de leur expliquer les avantages et
inconvénients de chaque option et de leur faire comprendre
que ce choix doit être maintenu dans le temps et en toute
situation. Ainsi, elles mettront plus facilement en pratique la
stratégie qu’elles auront effectivement choisie.
2. L’information
du partenaire est un critère important de
réussite des stratégies d’alternatives
à l’allaitement maternel.
L’alimentation
artificielle expose les femmes à l’influence de
l’entourage qui ne comprend pas pourquoi l’enfant
n’est pas nourri au sein « comme les autres
». Ceci est également vrai pour le sevrage
précoce. Le partage du statut sérologique VIH de
la femme avec son partenaire permet à ce dernier
d’aider sa compagne à faire face aux pressions et
à la stigmatisation sociale. Il peut ainsi devenir un
véritable allié dans
l’acceptabilité des alternatives.
3. Un accès
raisonnable et garanti à l’eau potable est
nécessaire pour mettre en route l’alimentation de
remplacement. Sans accès à
l’eau
potable directement à domicile ou dans la cour commune
(logement collectif), il est très difficile de mettre en
pratique une alimentation de remplacement correcte pendant plusieurs
mois. Les femmes qui n’ont pas un accès facile
à l’eau potable doivent être
découragées de choisir l’alimentation
de remplacement.
4. Le suivi post-natal
du nourrisson, avec contrôle des courbes de croissance et
conseils nutritionnels pour prévenir la malnutrition, doit
être mensuel pendant les 9-12 premiers mois. A
certaines
étapes clé (ex : sevrage précoce), il
doit même être renforcé. Ce suivi
post-natal doit être complété, si la
femme est d’accord, par des visites à domicile
pour bien évaluer en situation réelle la mise en
pratique de l’option d’alimentation choisie
après la naissance ou lors du sevrage.
5. L’accès
au lait artificiel doit être garanti pour les femmes qui
choisissent l’alimentation de remplacement et la distribution
du lait doit être gratuite, contrôlée et
médicalisée. Les distributions de
lait doivent
coïncider avec le calendrier de suivi mensuel post-natal. A
chaque distribution, des conseils nutritionnels doivent être
renouvelés. Les interventions doivent être
monitorées et les enfants perdus de vue
recherchés.
Mais aujourd'hui la question de la transmission
du VIH par le lait maternel n'est pas réglée de
façon univoque. On attend donc avec
intérêt les résultats des nombreux
programmes de recherche en cours.
Pour en savoir plus
Les fiches pratiques de l'OMS (en anglais uniquement pour l'instant)
www.who.int/child-adolescent
-health/publications/
NUTRITION/HIV_IF_CT.htm
Les fiches pratiques du Quality Assurance Project (en anglais et en swahili uniquement)
www.qaproject.org/strat/
stratHIVjobaidsintro.htm
Le guide de counselling du Regional Centre for Quality of Health Care (en anglais)
Pour en savoir plus
Présentation des programmes de terrain soutenus par Grandir