Annonce de séropositivité à l'enfant
Aider les parents à surmonter leurs réticences
La réponse aux mots-croisés du mois dernier
Et un QCM sur les indications du TARV
Sirops
Les meilleurs outils pour les doser et les administrer aux enfants

Grandir Info est une publication de Sidaction et Initiative Développement.
Ont participé à ce numéro :
Caroline Gerbaud : c.gerbaud@id-ong.org
Dr Laurent Hiffler : l.hiffler@id-ong.org
Julien Potet : j.potet@sidaction.org
Julie Langlois : j.langlois@sidaction.org
Retrouvez les actions d'Initiative Développement sur le site : www.id-ong.org
Retrouvez le projet GRANDIR sur le site de Sidaction : www.sidaction.org/pro/
international/grandir
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Si j'annonce à mon enfant qu'il est séropositif, ne risque-t-il pas de faire une dépression ? Ou
de le dire par mégarde à d'autres ? Est-ce qu'il me jugera et me fera porter la culpabilité de
sa maladie ? Les réticences des parents à annoncer à leur enfant sa séropositivité sont fréquentes
et tout à fait compréhensibles. Réponses aux principaux questionnements des parents :
Pourquoi dire à l'enfant qu'il vit avec le VIH ? Pour éviter qu'il développe
des explications fantaisistes et erronées de la maladie, lui témoigner de la confiance et
l'inviter à parler davantage de ce qu'il ressent.
Quand ? Dès son plus jeune âge, et notamment quand il leur pose des questions sur sa maladie,
les parents peuvent amorcer avec leur enfant un dialogue évolutif qui se poursuivra au fil des années.
Il sera important d'énoncer clairement le diagnostic de " VIH/Sida " à un moment donné, mais
il est certainement préférable d'attendre que l'enfant en comprenne pleinement la signification.
Qui ? La participation active des parents, ou des adultes en charge de l'enfant, dans le
processus de divulgation, est primordiale. Les professionnels de santé doivent assister et
conseiller les parents, les encourager à surmonter leurs réticences, être présents quand les mots
VIH et Sida seront énoncés pour rassurer l'enfant sur l'appui médical dont il bénéficiera. Mais ils
ne devraient pas se substituer aux parents.
Comment en parler ou plutôt amener l'enfant à en parler, car il s'agit d'abord d'écouter les représentations que se fait l'enfant de sa maladie ? Il est essentiel d'adapter son niveau de langage aux capacités de développement de l'enfant. Des outils sont maintenant disponibles comme des bandes dessinées ou des DVD de témoignages d'adolescents vivant avec le VIH. On peut demander aux plus jeunes de dessiner la façon dont ils perçoivent leurs médicaments ou leurs visites au centre de santé, pour amorcer ce dialogue indispensable sur la séropositivité.
Pour en savoir plus
Pour commander le DVD de témoignages d'adolescents vivant avec le VIH
"Maintenant tu sais, et maintenant ?" (en français, anglais, espagnol et portugais)
http://bayloraids.org/resources/
Le module de formation de l'ICAP/MTCT+ sur l'annonce pédiatrique
www.sidaction.org//pro/
international/grandir/
psychosocial
Un article paru dans le
"Journal du Sida"
www.arcat-sante.org/167/
Article_du_JDs&article_id=577
La collection de
bandes dessinées
"Auteurs Africains Juniors"
www.aidsteaching.com/
Le Mouvement français pour le planning familial (MFPF) vient de fêter ses 50 ans.
Pour l'occasion, Grandir Info a demandé à deux spécialistes, Dr Valériane Leroy (ISPED)
et Dr Carine Favier (MFPF), quels sont les moyens de contraception disponibles pour les
femmes vivant avec le VIH. Propos recueillis.
VL "A chaque visite de suivi, il devrait y avoir au moins brièvement,
en toute confidentialité et sans coercition, une évaluation de la situation contraceptive
des femmes. Les préservatifs masculins ou féminins sont à proposer systématiquement pour
leur double protection potentiellement suffisante pour réduire à la fois les grossesses
non désirées et la transmission des IST dont le VIH. La contraception d'urgence doit être
réservée aux situations accidentelles (ex : rupture ou oubli de préservatif) mais devrait
être accessible. Elle ne présente aucune contre-indication médicale : 4 cps d'une pilule
oestro-progestative (> ou = 50µg EE/cp), à prendre dans
un délai maximal de 72 heures après un rapport sexuel à risque."
CF "Les pilules et autres méthodes de contraception hormonale sont
efficaces pour les femmes vivant avec le VIH, mais il existe des interactions avec
certains antituberculeux et antirétroviraux qui nécessitent d'adapter les doses."
VL "Les méthodes comportementales sont à éviter mais en l'absence d'accès à d'autres méthodes, il
existe une place pour la Méthode MAMA basée sur trois conditions simultanées
: allaitement maternel exclusif, absence de retour de règles, valable jusqu'aux six mois de l'enfant.
Cette méthode très efficace adaptée au contexte africain est intéressante pour renforcer la pratique de
l'allaitement maternel exclusif, mais il demeure un risque indéniable de transmission du VIH à l'enfant."
CF "Les soignants ont tendance à supposer un peu facilement que l'usage des préservatifs est
de toutes les façons systématique chez les personnes séropositives. La réalité est souvent différente,
ces autres mesures de contraception sont donc à discuter avec les femmes."
Pour en savoir plus
D'autres méthodes de contraception, non détaillées ici, sont également disponibles (ex : DIU, capes cervicales
et diaphragmes).
Le site du MFPF
www.planning-familial.org/
"Sexualité et procréation
face aux risques de sida" (synthèse du CEPED)
http://ceped.cirad.fr/IMG/pdf/
n49_web-3.pdf
La Méthode Allaitement Maternel-Aménorrhée (MAMA)
www.linkagesproject.org/LAMCD/
download/lamfaqfre.pdf
Le mois dernier, Grandir Info vous a proposé un mots-croisés. Voici la bonne réponse.
Sélectionnez la ou les situations suivantes qui nécessitent rapidement un traitement antirétroviral et expliquez votre choix :
A Nourrisson de 9 mois, né de mère VIH+ au stade avancé, marasmique malgré une prise en charge nutritionnelle et dont le statut virologique n'est pas confirmé biologiquement (PCR indisponible)
B Fillette de 3 ans avec hépato-splénomégalie, éruption papuleuse prurigineuse (démangeaisons), parotidite et lymphocytes totaux mesurés à 3200/mm3.
C Garçon de 9 ans, zona intercostal droit il y a 6 mois, candidose orale actuelle. CD4 à 250/mm3.
D Nourrisson de 18 mois, sérologie VIH+ confirmée, otorrhée chronique, molluscum contagiosum disséminés. CD4 23 %.
E Nourrisson de 8 mois 1/2, ne tient pas assis, hypertonie des membres supérieurs en flexion, petit périmètre crânien pour l'âge ; mère VIH+ ; allaitement maternel (statut virologique non confirmé biologiquement - PCR indisponible).
Dr Pulchérie Siewe, de l'association SWAA à
Douala - Cameroun, a été la cruciverbiste la plus prompte à répondre. Bravo Pulchérie !
ERRATUM
Le lien, sur le site de l'OMS, vers lequel nous vous avons renvoyé le mois dernier ne
correspond pas aux nouvelles recommandations. Elles seront disponibles en ligne en avril.
www.who.int/hiv/mediacentre/
fs_2006guidelines_paediatric/
en/index.html
Envoyez nous vos réponses à : grandir@sidaction.org
Toujours un ouvrage à gagner!
Plusieurs possibilités s'offrent aux parents pour l'administration des ARV sous forme de sirops.
Ils devront choisir avec le médecin la plus adaptée à leur quotidien et respecter ensuite des
recommandations simples. Grandir Info a passé en revue les avantages et inconvénients des
trois principaux outils disponibles.
1. Seringue en plastique réutilisable (sans aiguille !) : Cela permet
le dosage le plus précis et une administration aux plus petits qui pourront "boire" à
la seringue comme s'il agissait d'un biberon. Pour un bon usage par les parents il est utile de
marquer la seringue dès le début, à l'aide d'un feutre indélébile ou d'un vernis à ongle de couleur
foncée. Et, si possible, délivrer une nouvelle seringue à chaque changement de dose. Il faut
avoir régulièrement des seringues en stock pour dépanner les parents qui la perdraient. Attention :
l'hygiène de la seringue est cruciale, les parents doivent donc bien la laver à l'eau potable et au
savon entre chaque prise, la laisser sécher ouverte et la ranger dans un endroit propre. La seringue
devra évidemment être strictement réservée à l'administration du sirop (si plusieurs sirops : plusieurs
seringues). Si le volume à administrer est important ou si l'enfant préfère boire dans un verre, on peut
prélever la bonne quantité de sirop à la seringue puis la verser dans un verre ou une cuillère que
boira l'enfant.
2. Gobelet gradué : Moins précis mais bonne
alternative si les seringues ne sont pas disponibles ; on peut trouver partout des gobelets
transparents, en plastique ou éventuellement en verre. Comme la seringue, le gobelet devra être
réservé à l'administration du sirop (plusieurs sirops : plusieurs gobelets) et marqué au feutre
ou au vernis sur l'extérieur. Une fois le gobelet nettoyé et égoutté, le conserver retourné. Il
est recommandé de poser le gobelet sur une surface stable et plate lors de la mesure de la
quantité de sirop pour éviter les pertes et les erreurs de dosage.
3. Cuillère prégraduée : Elle est plus adaptée que le gobelet pour
les petits volumes. Cependant, le jeune enfant a souvent du mal à tenir la cuillère tout seul et le
sirop risque plus facilement d'être renversé.
Astuce en plus !
Chez le nouveau-né, positionner la seringue entre la joue et les gencives pour réduire le
risque de régurgitations ou de vomissements.
Comment se les procurer ?
Le site de la CHMP (cuillère plastique graduée, seringue plastique réutilisable 5/10/15/20ml)
www.chmp.org
Le site d'IDA (seringue plastique réutilisable 5/10/20ml)
www.idafoundation.org
Les centrales d'achats nationales proposent souvent des seringues plastique réutilisables 5/10/15/20ml